La note d'UBS est dégradée, Credit Suisse visé aussi

A versus A+. C'est la glissade accusée par UBS.

 La faute à l'agence de notation américaine Standard & Poor's (S&P) qui, dans le contexte actuel extrêmement nerveux, a eu le bon goût de réévaluer les 37 établissements bancaires les plus importants au monde. Résultat: des dizaines de banques dégringolent conjointement à UBS. Parmi elles, Bank of America, Goldman Sachs, JPMorgan Chase, Morgan Stanley, Citigroup ou encore Wells Fargo. Voilà pour le côté américain. Mais l'agence a aussi lorgné outre-Atlantique. Du côté de chez nous, sont touchées les banques espagnole Banco Bilbao Vizcaya Argentaria, britannique Barclays (A contre A +, comme UBS), néerlandaise Rabobank (AA contre triple A).

Et ce n'est pas fini: "Les notes des banques qui ont été placées sous surveillance "seront de nouveau évaluées sous 90 jours", précise S&P.

A Pékin, tout va bien

En revanche, du côté chinois, la tendance est inverse. S&P a relevé la note des banques publiques chinoises. Pourquoi? Elles sont mieux à même d'être soutenues par le gouvernement, le cas échéant, ce qui diminue la possibilité qu'elles fassent faillite. Bank of China a ainsi vu sa note passer à A contre A-, et China Construction Bank à A contre A-. L'agence considère a contrario que les Etats européens ne voleront pas au secours de leurs banques à la première alarme car beaucoup l'ont déjà fait. Le capital confiance est ainsi entamé.

L'autre agence de notation très influente, Moody's, est du même avis. Hier, elle a ainsi annoncé son intention de réviser à la baisse d'un à deux crans la note de la dette subordonnée de... 88 banques de 15 pays. Elle estime aussi que les Etats européens ont déjà donné: «Credit Suisse et UBS sont inclus dans la liste parce que nous révisons le soutien des gouvernements aux banques non seulement dans l'Union européenne mais aussi dans les pays très intégrés à l'UE» confie ce jour la senior vice-présidente de Moody's Elisabeth Rudman, à nos confrères du Temps.

Mais côté suisse, les nouvelles ne sont pas si mauvaises que cela, comparé au reste de l'Europe. Les établissements suisses sont mieux capitalisés qu'ailleurs dans le Vieux-Continent. Leurs arrières sont donc mieux assurés en cas de risque accru. De surcroît, leur marge de manoeuvre est bien plus importante que celle des banques européennes, toutes arrimées à la Banque centrale européenne (BCE) quand Credit Suisse et UBS n'ont -pour l'heure- qu'à claquer des doigts pour lever des fonds sur les marchés.